Le Parloir des plantes à l'IMÉRA

Voici la première pousse du Parloir des plantes présentée à la galerie Xanadu à l’IMÉRA de Marseille.

L’installation-performance

L’installation-performance vise à animer un récit avec le potentiel de pousse, de floraison, de dissémination et de pollution d’un milieu végétal, au moyen d’une série de capteurs placés en son sein. Pour cette première itération du projet, un jardin potentiel se déploie dans la galerie Xanadu. Il prend la forme d’un phytogramme compostable, d’un dispositif d’écrans enracinés dans l’espace et de trois fragments de textes en germination. À mesure que les conditions du jardin évoluent, sur les écrans une série de phytogrammes se métamorphosent, comme autant de jardins possibles.

Ces conditions alimentent un dispositif sonore, amplifié ponctuellement durant des performances et un temps de lecture le soir du vernissage.

L’exposition Prompt

Laisser parler les plantes, laisser parler la couleur pure, laisser parler l'indéterminé... En plein engouement autour des Intelligences Artificielles, Prompt propose une exploration de l'ambiguïté incompressible entre la parole jaillissante et le calme végétal du rhizome, entre le trait d'esprit et la platitude sublime du monochrome, entre l'invocation improbable et un futur qui nous paraît surdéterminé.

Là d’où tout part

Guillaume pense un protocole qui conjugue collecte de données environnementales et création sonore générative. Nous mettons conjointement en place un dispositif d’écriture de fiction sous la forme d’un récit dynamique et de premiers fragments émergent sous ma plume. À ce stade, le projet vise à animer un récit avec le potentiel de pousse, de floraison, de dissémination et de pollution d’un milieu végétal, au moyen d’une série de capteurs placés en son sein. Nous avons l’idée de faire varier la densité des textes sur une page web, en fonction de l’état du jardin alors terriblement sec pour le mois de février. Néanmoins, un problème se pose : les données captées dans le jardin de la Villa des auteurs ne seront qu’éphémères puisque la résidence ne dure qu’un mois et demi. De même, nous ne pouvons pas situer notre expérience dans une topologie et un biotope particuliers. La résidence s’achève sur une note performative. Les textes sont lus, de la musique est générée avec les données des plantes du jardin, et pour illustrer notre processus en cours, nous créons une mise en scène teintée de la composition du jardin de la Villa et de l’atmosphère sombre et sensorielle des textes. Il y est question d’un cadavre découvert dans un marais, d’un personnage capturant des sons et d’une vie grouillante à ras de sol.

Suite à cette étape, deux artistes-chercheurs à l’Iméra et curateurs, Christophe Bruno et Jeff Guess, nous proposent d’exposer le projet dans leur galerie éphémère. À partir des indices de pousse, floraison, dissémination et pollution, mon acolyte Guillaume Pascale imagine une manière de montrer en temps réel l’état de fluctuation du jardin de la Villa sous forme de phytogrammes. Je fais germer mes textes afin de les rendre à la fois éphémères et intemporels, en tout cas, de les inscrire dans une transformation. Puis à partir des indices que Guillaume a dessinés, nous créons sur le sol de la galerie une représentation en terre et végétaux d’un arrêt sur image du jardin. À nouveau, les textes sont lus et de la musique est jouée en direct avec les données des plantes côtoyées pendant la résidence. 

Les commissaires

Christophe Bruno développe un travail artistique polymorphe - œuvres Internet, hacks, installations, performances, dessin, sculpture, Intelligence Artificielle - qui porte un regard critique sur les phénomènes de réseaux et la globalisation dans le domaine du langage et des images.

Jeff Guess est artiste, commissaire d'exposition, chercheur et professeur à l'École Nationale Supérieure d'Arts Paris-Cergy. Son travail est principalement une investigation artistique et archéologique de l'image technique et de ses multiples enchevêtrements avec le langage et la voix. Ses projets plus récents élargissent ces considérations, explorant les relations entre les corps, la communication et la computation dans des disciplines aussi diverses que les phénomènes spirites, les projets de langage animal et les sports de compétition.

Laure NeriaComment